Transcription
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Monseigneur, tout soudain que j’ay sceu que l’ennemy se fust emparé à ce matin du
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lieu de Merindol par l’intelligence qu’il y avoit et que ceux de la ville des principaux y eussent conduit
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le cappitaine Didier qui commandoit à Vinsobres, aussi tost vous ay je vollu despecher pour vous avertir et
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et vous asseurer qu’il sera nom seullement d’incommodité grande au ungs et à nous pour estre entremy
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mes à tout le reste du peys, et me semble qu’estant de telle consequence principallement pour l’assiete
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du lieu, la quielle est bien la plus forte qu’ilz scaroient avoir par deca, que pour estre aboudé[ ?] de tous
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vivres que messieurs du Buys y devoient avoir avizé et fere entendre à vostre seigneurie, comme les
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proches et ausquelz il touche le plus, le besoing qu’ilz auroient des soldatz et de quelqu’un pour y commander
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don, par tel moien il se fust concervé soubz l’obeissance de sa magesté. Ceux de Nyhons font deshabiter
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quelques catholicques qui restoint encor parmy eux. La nuict precedante ilz prindrent leur deliberation
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de donner dans nostre bourg, comme ilz firent, pansant le saccager, auquel par cas fortuné rencontrarent
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vingt cinq arquebusiers que j’avois fet sortir en autre intention. Lesquelz, entendantz le bruit se
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pargarent [=propagèrent] que fust occazion de fere leur entreprize veyne, et les contreindre ung couple d’heures
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apprez qu’ilz heurent combattu, se retirer avec l’effray qu’ilz eurent de se voir chargez contre leur attante
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de plus belle. Toutesfois, avec la grace de dieu, qui nous a vollu favorizer, sont trouvez en fuite
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et cinq ou six des leurs demurez sus le carreau, ou sera l’endroit qu’apres mes treshumbles
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recommandations à vous bonnes graces, suppliant le createur vous avoir
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Monseigneur, en sa sencte et digne guarde, de Mirabel, ce XXme mars 1574
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votre tres humble et plus affectionné serviteur
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de Soyans
